Dimanche 16 novembre 2008
bonjour tout le monde !

Je ne sais plus où je m'étais arrêtée dans mon dernier message. Il me semble que ça doit faire un bon bout de temps ! Que s'est-il passé depuis ? et bien, l'année s'est finie doucement ... enfin pas encore tout à fait.

Depuis quelques temps, c'est le début des "dernières fois". Les derniers DS, le dernier cours avec les 13S, le dernier cours avec les 12S, le dernier élève qui vient me poser des questions, le dernier conseil de classe, le dernier cours avec les 11ème, la dernière messe animée par les élèves, la dernière fois que j'entends les élèves chanter, la dernière fête de clôture, le dernier bilan du personnel, ... la liste est longue et pourtant, il me reste encore 5 semaines avant de rentrer. Alors, ça n'est pas encore terminé !

La fête de clôture a été magnifique. Le directeur avait décidé de regrouper cette fête avec la venue du haut commissaire de Nouvelle Zélande pour la remise des meubles de la salle d'étude des filles. Nous avons donc commencé la journée avec des discours. A midi, nous avons partagé un repas. Puis le haut commissaire est retourné à son travail et la fête de clôture à proprement dit a commencé.

Voici comment cela se passe.

La fête de clôture ne vise pas seulement à fêter la fin de l'année mais aussi, et surtout, à dire aurevoir aux élèves de 13ème année qui vont nous quitter. C'est donc une cérémonie très émotionnelle avec beaucoup de pleurs. Montmartre est réellement une communauté où l'on vit ensemble, élèves, professeurs, éducateurs, ... Certains élèves vivent à Montmartre depuis 7 ans ...

Tout d'abord, c'est le ministre de l'éducation (aussi président du conseil d'établissement du lycée) qui est intervenu pour rappeler aux élèves de 12ème et 13ème l'importance des examens et un tas d'autres choses, de conseils pour leur vie future ... je n'ai pas vraiment suivi tout le discours. J'ai seulement tilté quand il a parlé de Tomo et moi, qu'ils nous a remerciés pour notre travail et nous a souhaité un bon retour dans nos pays respectifs. Désolée ...

Ensuite, les élèves de 13ème sont alignés. Les élèves des autres classes passent pour leur remettre des couronnes et leur serrer la main. Ils leur disent aussi merci d'avoir été là avec eux, de les avoir conseillés, de les avoir aidés ...


C'est ensuite au tour des élèves de 13ème de remercier leurs professeurs et l'ensemble du personnel du lycée pour leur travail (une belle tradition je trouve). Après un discours de la représentante des élèves, Amandine, nous nous sommes retrouvés alignés en plein soleil, comme les élèves juste avant, pour recevoir des couronnes, des cadeaux et serrer la main de nos élèves.

Traditionnellement, chaque professeur ou éducateur reçoit une couronne et un petit cadeau de la part de ses élèves de 13ème. Les élèves qui le souhaitent peuvent offrir une couronne supplémentaire ou un cadeau supplémentaire aux profs qu'ils apprécient.

Comme Tomo et moi quittons le lycée, de nombreux élèves ont voulu nous remercier. J'ai vu un défilé d'élèves devant moi, qui me serraient la main, me disaient merci. Certains ajoutaient un collier de feuilles, une autre une couronne de fleurs d'hibiscus et de frangipanier ... J'ai aussi reçu des cadeaux de la part des 12S, un extra auquel je m'attendais. Ce sont des garçons auxquels j'ai enseigné les sciences pendant 2 ans. Je les ai vu grandir et évoluer ... J'ai aussi pas mal discuté avec eux. Certains d'entre eux venaient parfois me voir à la maison pour que je les aide sur un exercice de maths ou de physique-chimie. J'ai même à une occasion corrigé une dissert de français!

Un coup d'oeil du côté de Tomo ... il est autant surchargé de cadeaux que moi ... Il était beaucoup plus proche des élèves que moi, parce-que moins timide, plus accessible, plus disponible. Il me semble que le départ est plus difficile pour lui.

Merci beaucoup à tous les élèves !

C'est maintenant le tour du directeur de faire un discours. Il rappelle que Tomo et moi allons partir et nous remercie au nom de l'ensemble du personnel. Nous recevons chacun une pirogue à voile, cadeau traditionnel aux gens qui partent en voyage.


Enfin, les dicours (et les pleurs) cessent, on laisse la place aux activités récréatives ! Les élèves se sont surpassés ! Danses de l'île de Pentecôte, tamouré (danse de Tahiti), concours pour l'élection de miss Paradise par les garçons de 11ème, pilou pilou (danse coutumière de calédonie aussi dansée dans les îles du Sud du Vanuatu) par les garçons et les filles, danses modernes, sketchs, danses mimées sur les chansons religeuses, ...
La journée s'est clôturée par une danse de Pentecôte à laquelle tout le monde a participé. Elèves, professeurs, éducateurs, prêtres ...

De l'avis de tout le monde, ce fut la plus belle fête organisée au lycée de Montmartre depuis longtemps !


Par Puce
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Dimanche 19 octobre 2008

Voilà une suite concernant mes vacances à Ambrym ... je me décide enfin à l'écrire !

Le dessin sur le sable est pratiqué dans de nombreuses îles mais c'est Ambrym qui est la plus reconnue pour cet art. Ne me demandez pas quelle est la signification du dessin sur le sable, ou quelle est son utilité ... je n'ai pas réussi à avoir une réponse qui me satisfasse. C'était peut-être un moyen de communication, d'échanges ... il devait aussi être utilisé lors des cérémonies coutumières, ou servir de protection, ... apparemment aujourd'hui, c'est surtout un art que l'on essaie de perpétuer.

J'ai profité de mon séjour à Ambrym pour demander une petite démo. Si au premier abord, on a l'impression que les dessins sont faciles à réaliser, on voit la difficulté augmenter rapidement avec l'évolution du dessin.

Comme son nom l'indique, le dessin sur le sable se réalise sur le sable. En principe, la totalité du dessin doit être réalisée sans lever la main: il ne forme qu'une seule ligne du début à la fin. Afin de poser les bases du dessin, on réalise quelques traits rectilignes qui servent de repères.

Je vais vous faire partager les quelques dessins qu'on a réalisés pour moi (apparemment, j'ai eu beaucoup de chance, d'habitude ils n'en font que 2 ou 3) et l'histoire qui accompagne chacun d'eux.

Ils ont été réalisés par un jeune homme, Gérard, soutenu par une dizaine de villageois, hommes, femmes et enfants de tous les âges, qui le guidaient lorsqu'il ne savait plus comment finir son dessin.

L'étoile du Sud: je n'en sais pas grand chose, mis à part qu'elle est utilisée lors de cérémonies coutumières.


Les Roms: il existe aussi d'autres noms que je ne connais pas ... Les 6 pointes représentent la forme des masques utilisés lors d'une danse coutumière le plus souvent dansée à Olal, au Nord d'Ambrym.

Le petit nain: alors là, il y a toute une histoire !
Il y avait au village un petit nain qui possédait un cochon. Un jour, le cochon sort de son enclos et les villageois attrapent le cochon pour le manger. Ensuite ils décident qu'ils vont aussi attraper le nain pour le manger. Ils commencent alors à le poursuivre dans le village et le petit nain cherche comment faire pour leur échapper. C'est alors qu'au bord de la route, il voit de grandes feuilles de taro. Il s'enroule entre deux feuilles. Les villageois passent à côté sans le voir.
Sur le dessin, on voit le petit nain et, sur ses côtés, les grandes feuilles de taro.

Les jumeaux (lemap en langage de Craig Cove): un garçon était en train de dessiner sur le sable. Seulement, arrivé au milieu du dessin, il ne se souvient plus de la suite. C'est alors que son frère jumeau arrive et complète le dessin.
Ce dessin est composé de 2 parties symétriques qui représentent les 2 frère jumeaux.

Le coeur et les poumons: ce dessin représente simplement le coeur entouré des 2 poumons.

Le rocher de Pentecôte: ce dessin représente un rocher qui existe vraiment et se trouve au nord de Pentecôte. Il a été dessiné par une femme de Pentecôte "mariée à Ambrym".Voici son histoire.
Le chef du village organise une danse coutumière. Le terrain de danse se trouvant proche d'une falaise, il indique bien à ses danseurs: "surtout n'allez pas dans cette direction ou alors vous tomberez de la falaise !" Mais durant la danse, un danseur peu attentif aux instructions du chef, se dirige vers la falaise et tombe sur le sable en contrebas. Il atterrit face contre terre, bras et jambes écartés et se transforme en rocher qui a la forme donnée par le dessin.


Voili voilou, vous pouvez voir plus de détails sur les étapes de réalisation des dessins en allant dans les albums photos.

Ale tata,

Pascale
Par Puce
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Jeudi 18 septembre 2008

Au cours de mes lectures, je suis tombée sur un texte très sympa que j'ai envie de vous faire partager.

"Selon la philosophie soufie, l'une des premières règles du bonheur consiste à s'asseoir avec des amis ou des gens qu'on aime. On s'assoit, on ne dit rien, on ne fait rien. On se regarde ou on ne se regarde pas. Toute l'extase vient du plaisir d'être entouré de gens avec lesquels on se sent bien. Plus besoin de s'occuper ou d'occuper l'espace sonore. On se contente d'apprécier cette muette coexistence."

L'Encyclopédie du Savoir relatif et absolu, Bernard Werber, article intitulé "Etre ensemble".

Gros bisous !!! Ale tata !

Par Puce
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Dimanche 7 septembre 2008

C'est la fin du 2ème trimestre ... ce qui signifie 2 semaines de vacances avant la prochaine reprise des cours. Et puis, récemment, je me suis réveillée: mon retour en France, c'est dans moins de 4 mois !! Voyons Pascale, il faut te bouger et aller un peu dans les îles, bientôt ça sera trop tard !

Je suis donc partie pour Ambrym le mardi 26 août. Je monte dans l'avion destination Craig Cove !

Ambrym est une petite île du Vanuatu connue pour son volcan, les flûtes de bambou, les sculptures et la magie noire. Le volcan est accessible après quelques heures de marche mais ce n'est pas mon objectif pour les vacances, je ne me sens pas vraiment d'attaque. Après l'activité liée à la kermesse, j'ai d'abord besoin de repos !

Au village, je vais loger chez les parents de Jean-François, notre prof d'info et bibliothéquaire. Gracien et Véronique sont venus m'accueillir à l'aéroport. En guise d'aéroport, comprenez une petite maison et une petite d'atterrissage anciennement goudronnée mais aujourd'hui recouverte de gazon. Le village n'est pas très loin alors on va simplement marcher.

Comme toutes les îles du Vanuatu, Ambrym est très verte, la végétation a le dernier mot. Mais ici la terre est noire et poussiéreuse. La poussière du volcan est partout. Rapidement, mes pieds prennent la même couleur que le sol. Les gens ne connaissent pas la boue car, quand il pleut, l'eau semble flotter sur la poussière avant de s'évaporer.

On pourrait penser qu'avec le régime de précipitations que connaît le pays, les habitants ne devraient pas connaître les problèmes liés au manque d'eau mais ici, la pluie vient mais ne reste pas. Pas de rivières, pas de nappes phréatiques pour puiser l'eau douce. Pour avoir de l'eau, il faut construire des réservoirs et stocker l'eau de pluie. La technique est assez rudimentaire: un réservoir un béton (genre piscine, complètement ouvert), une goutière qui récupère l'eau de pluie qui ruisselle du toit en tôles de la maison. Pas de filtres, pas de désinfection, on boit l'eau telle quelle.

Quand vient la saison sèche (hiver) et que les pluies se font moins fréquentes, moins importantes, les réservoirs finissent par se vider. Alors, les gens ne manquent pas de ressources:
- pour se laver, il y a la mer
- pour se laver, il y aussi l'eau saumâtre que l'on peut puiser quand la marée est haute
- pour faire la lessive, il y a la mer et l'eau saumâtre
- pour faire la cuisine, il y a l'eau saumâtre 
- pour boire, il y a les cocos

D'ailleurs, même quand il y a de l'eau la plupart des gens préfèrent se laver à la mer. Le soir et tôt le matin, on peut voir les gens passer avec leur serviette. Il semble qu'il n'y ait pas de règle de non mixité mais je vois toujours les hommes aller d'un côté et les femmes de l'autre. En arrivant au bord de l'eau, on écoute attentivement pour deviner la présence d'autres personnes ou on appelle simplement. S'il n'y a pas de réponse, c'est que la place est libre. C'est ainsi que chaque soir, à la tombée de la nuit, je suis allée me "doucher" à la mer avec Véronique.


Certains vous diront qu'il est préférable de se bainer à la mer car ça rend le corps plus fort, plus résistant ! Moi j'y vois surtout un énorme avantage: si vous choisissez bien le moment, alors que la marée est descendante, l'eau qui avait pénétré dans la terre et qui a été chauffée par l'énergie du volcan ressort et vous permet de prendre un agréable bain chaud !

Dans le village, il n'y a donc pas d'eau courante et il n'y a pas non plus d'électricité. La vie se fait au rythme du soleil: lever vers 5h30 et coucher vers 20h30. Ce qui nous laisse de bonnes nuits de sommeil ! Pour veiller un peu plus tard, il y a quand même les lampes à pétrole qui se rendent bien utiles à partir de 18h.

Sans électricité, on ne s'attend pas à trouver de technologies modernes dans le village mais je me rends compte rapidement que partout les gens ont un téléphone portable. La nouvelle société de télécommunications qui a ouvert en juillet a installé une antenne qui permet à la plupart des villages de recevoir des appels sur les portables. Comment font-ils pour recharger leur téléphone ? Pour la modique somme de 100VT (0,7 €), vous pouvez le faire recharger au petit magasin qui possède un générateur !

Le jeudi, nous allons tous au jardin: Gracien, Véronique, leur fille adoptive, une autre femme du village et moi. Nous partons à 9h30. Le jardin n'est pas juste à côté, il faut aller dans la brousse. Nous marchons tranquillement. Véronique n'est plus toute jeune non plus, alors ne nous pressons pas! Vers 10h30, nous arrivons à la plantation de cocotiers. Dans les îles, chaque famille en possède une. Le coprah, obtenu par séchage de la chaire de coco, est la seule source de revenu des villageois. C'est donc le seul moyen de payer les scolarités des enfants. Pendant que les hommes ramassent les cocos germées pour nourrir les cochons, les femmes s'installent à l'ombre et discutent.

A midi, nous montons la dernière côte et arrivons enfin au jardin. Ne vous attendez pas à un joli jardin potager comme ceux que l'on cultive en France. Le jardin se trouve beau milieu de la brousse. Pour faire le place, ils ont brûlé les arbres et débroussaillé au couteau. On y trouve des kumalas (sorte de patates douces), des taros, du manioc et beaucoup d'ignames. Les ignames sont toujours plantés accompagnés d'un long bâton pour que la tige puisse pousser en grimpant sur le support. On récupère ensuite la racine pour la manger. En guise de légumes, il y a du choux kanak et de la laitue.

On commence par manger. Ils font un feu et déposent, directement dans les braises, des racines provenant de plantes différentes. Ici, les pommes-de-terre se déclinent sous toutes les formes: allongées, arrondies, fibreuses, plus ou moins sucrées, ... On y ajoute aussi des bananes de différentes sortes.

Quand le soleil ne tape plus trop fort, il est temps de se mettre au travail. Devant mon insistance pour ne pas rester assisie à ne rien faire, on m'a confié la tâche de ramasser les feuilles sèches et de faire des tas pour les faire brûler. Après une demie-heure, on me dit: c'est bon tu as assez travaillé, tu vas te reposer maintenant ! J'ai fini l'après-midi en discutant en bislama. Voilà un bon exercice !

Vendredi, je pars pour Sesivi avec Véronique. Sesivi est une mission catholique à laquelle travaille une de leurs filles. A sesivi, il y a des sources très chaudes. On fait le voyage juste pour que je puisse me baigner ! Ca aura été un après-midi très agréable: repas de rois (laplap, poulet, riz, choux, haricots, papaye), baignade, rencontres et superbe séance photos ! Elora et Jomely, les enfants de Noélina, sont des modèles de choix !


Samedi, j'ai simplement passé la journée à bouquiner: l'histoire de l'enfance d'un Africain. Parce-que, les vacances, c'est aussi savoir prendre le temps de ne rien faire pendant une journée !!

Dimanche, j'ai pu assister à la messe au village. Enfin, juste une célébration. Il n'y a qu'un prêtre pour plusieurs villages et il est généralement à Sesivi. Visiblement, il n'est plus très jeune et n'a pas le courage de se déplacer entre les villages. Alors, il vient une fois de temps en temps pour bénir les osties et le reste du temps, ce sont les cathéchistes qui font la célébration.

Après la messe, les villageois se réunissent devant l'église. C'est un moment privilégié où ils peuvent échanger les dernières informations et, si nécessaire, se concerter pour prendre des décisions. Les chefs du village sont des hommes, au nombre de 4, ayant plus de 40 ans. Ils sont désignés par la communauté.

Cette fois-ci, les informations portent sur les élections et la prochaine ordination d'un diacre.

En effet, cette année ont lieu les élections législatives, les seules pour lesquelles tout le monde vote. Elles ont lieu le mardi 2 septembre et il est important que chacun soit au courant du déroulement des votes.Le bureau de vote se trouvera à l'école primaire et sera ouvert de 7h30 à 16h.

La deuxième nouvelle est une mauvaise nouvelle pour les villageois. Le diacre qui se trouve à Montmartre est originaire d'Ambrym. Il sera ordonné prêtre en décembre et l'ordination devait se faire à Ambrym, dans leur village. Ils avaient donc repeint l'église et commencé à construire le podium pour les activités. Mais l'évêque qui doit officier est déjà âgé et ne veut pas se rendre dans les îles. La cérémonie aura lieu à Port-Vila ... C'est une vraie déception pour tout le monde !

L'après-midi, Véronique m'emmène visiter le village presbytérien qui se trouve juste à côté. On finit par s'arrêter chez des amies pour discuter. Rendez-vous est pris pour le lendemain: une des filles veut me tresser les cheveux.

Lundi, je passe donc la matinée à me promener, admirer la mer, le paysage et l'après-midi je vais retrouver ma coiffeuse. Le prix demandé ? elle veut que je lui envoie des boucles d'oreilles ! chose promise, chose due: je les ai envoyées hier accompagnées de photos pour Véronique, Gracien et leur fille Noélina.

Ainsi s'achèvent ces vacances hors du temps. Pendant toute la semaine passée à Ambrym, j'ai eu l'impression d'avoir été transportée dans un autre univers. Ma vie à Montmartre me paraissait immensément loin ... alors imaginez ce qu'il en est de ma vie en France ...

Ale tata, gros bisous

Pascale

Par Puce
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Mercredi 3 septembre 2008

Vous devez vous demander ce qui a bien pu m'occuper depuis les JMJ !

Après les vacances, tout est allé très vite. Nous n'avions que 3 semaines pour finir de préparer la grande kermesse de Montmartre qui a eu lieu à la fin du trimestre. Cette kermesse a pour principal objectif de rapporter de l'argent pour financer les projets de construction et de développement du collège et du lycée de Montmartre. Tout le monde devait donc être mis à contribution pour que tout se passe bien.

Au programme, il y a comme dans toutes les kermesses: la musique, les stands pour acheter à boire, à manger, des glaces, des vêtements d'occasions, des objets fabriqués par les élèves lors des cours de couture, menuiserie, ... la grande tombola (billets d'avion pour Nouméa en gros lot, ça ne rigole pas), le kava, les danses coutumières des différentes îles, les tournois sportifs, la pétanque, ... j'oubliais aussi la messe à 7h du mat' !!! 

Mais pour ne pas que la kermesse soit juste un moment où on met tout en oeuvre pour gagner de l'argent, nous, professeurs de sciences, avons décidé d'organiser une exposition de sciences. On voulait ainsi en profiter pour montrer aux parents ce que l'on fait avec les élèves.

Les premières réunions nous avaient permis de choisir quelques grands thèmes: l'eau, la structure de la terre, les poulies, les statistiques sur le collège et le lycée ... auxquels j'ai ajouté les projets réalisés par mes élèves. 

Pour moi, ça a donc été la course pour finaliser les projets, réaliser les maquettes, trouver le matériel nécessaire, faire les affiches, ... Lors de la dernière semaine, j'ai passé mes soirées au lycée avec les élèves qui le souhaitaient pour travailler. Ce qui consistait en fait à aller d'une classe à l'autre pour essayer de faire en sorte que chaque groupe ait le matériel dont il avait besoin.

Il faut être honnête, certains projets n'ont pas du tout aboutis. Mais les résultats obtenus sont plus que satisfaisants pour moi !!

Le dimanche, j'avais une trentaine d'élèves de 11, 12S et 13S présents à l'expo et fiers d'exposer leur travail aux visiteurs. Nous avons présenté:
- une éolienne qui allume 3 DEL
- une maquette d'aile d'avion qui s'envole quand elle est exposée au vent (à un ventilateur)
- de véritables parfums qui sentent extrèmement bon (plusieurs personnes m'ont dit qu'on devrait exploiter ce travail pour ouvrir une parfumerie au Vanuatu)
- des citrons producteurs d'électricité qui ont attisé la curiosité de tous les visiteurs
- une maquette de turbine hydraulique reliée à une dynamo pour produire de l'électricité
- de superbes affiches sur les pluies acides
- des maquettes en papier maché présentant les différents types de volcans (point chaud ou zone de subduction) et le volcan de l'île d'Ambae dont le cratère est rempli d'eau
- ...

La partie de l'expo réalisée et présentée par mes élèves a été une réelle réussite. J'ai vu les visiteurs affluer, les élèves occupés à leur donner des explications. Une expo très vivante et enrichissante pour tout le monde !

Merci à tous mes élèves pour le travail réalisé. Tout est sorti de leur tête et a été réalisé grâce à leur talent !!
Par Puce
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